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4 questions à Franck Proust

Franck Proust : vous êtes parlementaire depuis 2011 suite à la nomination de Dominique Baudis au poste de Défenseur des droits. A l'heure des bilans comment avez-vous vécu cette aventure ?

"Je suis arrivé en cours de mandat au Parlement il m'a fallu intégrer une structure, un fonctionnement, le groupe PPE que je ne connaissais pas. Heureusement j'ai conservé l'équipe de Dominique Baudis, ce qui m'a permis d'être guidé et de trouver plus rapidement des repères dans un environnement ou près de 5000 personnes de nationalités différentes se côtoient toutes les semaines. Tout de suite j'ai eu des dossiers à défendre et j'ai pu commencer à travailler."

Malgré votre arrivée récente au Parlement, vous avez très tôt été chargé de dossiers de premier ordre. Pourquoi ces choix?

"Parce qu'il était primordial pour moi de m'investir rapidement pour défendre l'intérêt de mon territoire et de la France.

C'est pour cela que je suis devenu rapporteur permanent sur Taïwan  et la Thaïlande: parce que je veux développer des relations commerciales équitables avec ces pays. L'Europe est bizarrement très timide à leur égard, alors que ce sont des partenaires très prometteurs pour nos propres entreprises.

J'ai été rapporteur sur "CARS2020", parce que je voulais démontrer que nous pouvions, Français et Européens, développer une véritable stratégie pour relancer l'industrie automobile européenne. La Commission et les États ont entendu notre appel.

Enfin, j'ai défendu sans relâche les aéroports régionaux. Cela aura été ma plus grande victoire. La Commission voulait les condamner, les jugeant chers et inutiles. La moitié des aéroports européens auraient dû mettre la clé sous la porte avec les nouvelles règles de la Commission. Mais les aéroports régionaux, c'est 16 milliards d'euros de contribution au PIB et 265 000 emplois en Europe. Pour le Languedoc-Roussillon, ce sont plus de 405 millions d'euros annuels à notre économie. La mobilisation que j'ai lancée a fait changer la Commission de braquet et a sauvé 92% de ces plateformes."

Vous conciliez plusieurs mandats d'élus avec votre profession. Avez-vous vraiment le temps de vous occuper de tous vos dossiers?

"Ce n'est pas la quantité des dossiers gérés que l'on retiendra au final, mais bien la qualité qu'on leur insuffle! Et sur ce point, je n'ai pas à rougir! Cela fait 25 ans que je suis élu. Cela fait 25 ans que je suis investi en faveur de mes concitoyens. En parallèle, j'exerce la profession d'agent général d'assurances. Cela me permet de rester connecté à nos réalités et à celles de nos entreprises. Aujourd'hui, j'ai la chance de pouvoir m'appuyer sur des équipes en qui j'ai toute confiance. Mes collaborateurs connaissent mes priorités: le terrain. À Nîmes, Bruxelles et Strasbourg, ils travaillent main dans la main sur l'agenda, les dossiers structurants du territoire. Chaque jour, nous faisons un point téléphonique."

En quelques mots, comment voyez-vous votre engagement pour l'Europe?

"L'Europe doit être utile à notre pays, c'est notre rôle de rapprocher l'Europe des citoyens et de leur donner une image réelle de son importance. On ne peut pas continuer de l'accuser de tous les maux et dans le même temps la rendre responsable de nos difficultés nationales. L'Europe ne peut pas non plus se mêler de tout. Or, aujourd'hui, l'Europe sert un peu à tout. Il n'y a plus de lignes claires.

Aussi, c'est parce que j'aime profondément l'Europe que j'en veux une autre. Je veux que l'Europe renoue avec ses racines. Une Europe à l'écoute de ses concitoyens. Une Europe du terrain. Je suis pour une Europe qui agit et protège, qui rassemble et construit. S'investir sur des dossiers qui touchent le quotidien de notre territoire, être l'ambassadeur de notre territoire auprès de Bruxelles, voilà mon engagement pour l'Europe!"