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François Hollande exonéré de ses engagements pour réduire le déficit: un danger pour la France

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C'est officiel. Le 10 mars, l'Union européenne a fait, pour la 3ème fois, un cadeau à la France. Elle vient de lui octroyer un délai supplémentaire pour réduire son déficit, sans lui infliger aucune sanction. La France aura deux années de plus pour passer sous la barre des 3%.

François Hollande jubile, d'autres dirigeants européens, beaucoup plus sérieux, rient jaune. La règle d'or budgétaire, édictée sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy et voulue par une écrasante majorité d'États membres, était pourtant claire: des sanctions devaient s'appliquer si un pays ne respectait pas ses engagements. C'était le subtil équilibre trouvé pour mettre nos économies en commun.

Sur le cas français, les faits sont éloquents : en 2015, la France partagera la queue de peloton des plus mauvais élèves avec la Bulgarie. Notre économie met en danger toute la zone euro, ce sont les mots de la Commission. Certes, la Commission n'a pas exonéré la France de critiques, mais elle a exonéré François Hollande de ses engagements.

Alors, la Commission est-elle complice malgré elle de la politique désastreuse du gouvernement français? J'en ai bien peur. Les Français doivent savoir : repousser le respect de la règle d'or à 2017, c'est dispenser François Hollande de réformes. C'est laisser la "maison France" sans dessus-dessous, laisser au prochain gouvernement la tâche de rattraper le retard accumulé, si cela demeure encore possible... Repousser à 2017, c'est une décision éminemment politique, qu'on se le dise. Est-ce pour autant une manipulation? Je ne m'y risquerai pas. Ce qui est sûr, c'est que le gouvernement peut remercier la Commission européenne, pas les Français.

Et le principal artisan de ce climat de défiance, c'est bel et bien Pierre Moscovici. Le "braconnier devenu garde-chasse" comme certains le nomment. Aujourd'hui, il fait la leçon aux États mauvais élèves. Il va jusqu'à affirmer que "la France ne doit plus être le pays de la zone euro qui a le plus mauvais résultat dans ses finances publiques". En octobre dernier, il était encore le ministre des finances qui avait cloué au pilori la croissance (hausse des impôts, du chômage, de la dette et du déficit). À son arrivée, l'état des finances françaises, "c'était la faute à Sarko". Maintenant, "c'est la faute à Mosco"? "Docteur Pierre et Mister Moscovici", ou une schizophrénie politique qui nuit gravement à notre pays, et qui laisse planer le doute sur la sincérité de ses décisions, notamment envers la France.

Par tant d'indulgence envers François Hollande, la Commission, avec Pierre Moscovici en tête, a commis une grave erreur. Ce n'est pas de cette manière que nous réconcilierons les Français avec l'Europe. Au contraire, agir ainsi, c'est le carburant des extrêmes.

 

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