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Vidéo d'actualité : "J'aime tellement l'Europe que j'en veux une autre!"

 

"L'Europe est-elle devenue un danger pour elle-même? Les populistes se délectent de ces raccourcis. La réponse est non. En tout cas, pas pour l'instant. Car l'Europe est de plus en plus atteinte de schizophrénie. C'est cela qui devient dangereux et qu'il nous faut à tout prix freiner.

Je suis un Européen convaincu, mais pragmatique. J'aime profondément l'Europe. C'est pour cela que j'en veux une autre! Une Europe qui construit l'avenir de ses concitoyens et qui se concentre sur l'essentiel. Une Europe qui respecte le principe de subsidiarité, qui a été le moteur de la relance du projet européen à la fin des années 80. Je ne veux pas d'une Europe qui se mêle de tout. Je ne veux pas d'une Europe qui se noie dans un verre d'eau, qui finit par devenir inaudible et, au final, ne sert plus à rien.

L'Europe actuelle, c'est ce paradoxe. Nous avons besoin d'elle, mais parfois, les dirigeants oublient les peuples pour qui ils prennent des décisions. Et que veulent les peuples européens? Que l'Europe les sorte de la crise, agisse, les protège.

Le travail parlementaire est symptomatique de ce paradoxe. Et la dernière session de Strasbourg en particulier.

D'abord, l'Europe que je ne veux pas. Un exemple frappant: le rapport Lunacek (Lunatchèque). Je m'y suis fermement opposé. "Lutter contre toute discrimination fondée sur l’orientation sexuelle", annonce le titre du rapport. Jusque-là, je partage à 100% cet objectif. Mais c'était l'arbre qui cachait la forêt. Car ce rapport s'est focalisé sur le droit de la famille: une compétence des États! En approuvant ce texte à la majorité, le Parlement s'est attribué une compétence qu'il n'a pas, comme disserter sur le mariage homosexuel, promouvoir l'éducation sexuelle ou bien traiter l'identité de genre. La politique familiale est et doit demeurer du ressort de chaque peuple européen pris séparément! Nous avons déjà assez à faire en France avec ce débat, alors nul besoin de jeter de l'huile sur le feu!

Heureusement, il ne s'agit que d'un rapport d'initiative, qui n'aura aucune valeur contraignante. Mais encore une fois, le Parlement, et au-delà l'Europe, se noient dans un verre d'eau, dilue son utilité et son influence, alors qu'elle pourrait être beaucoup plus utile à traiter des véritables problèmes des Français et des Européens: relancer l'économie.

Et je m'y atèle! Un exemple: le commerce extérieur. L'ouverture de nos marchés et les pays émergeants sont des sources de croissance de prédilection pour nos entreprises. Mais faut-il encore qu'elles luttent à armes égales face à la concurrence déloyale venue des pays tiers. J'en ai fait un combat personnel.

C'est pourquoi je me suis battu:

  • en faveur du principe de réciprocité, pour fermer nos marchés publics aux pays qui ne nous ouvrent pas les leurs;
  • en faveur de la modernisation de nos instruments de défense commerciale pour enquêter et fermer plus rapidement l'accès à l'Europe de produits issus d'un dumping fiscal de subventions abusives. Le cas du photovoltaïque chinois nous aura malheureusement servi de leçon;
  • et en faveur de mesures de rétorsion plus efficaces contre un pays qui ne respecte les règles du commerce international.

Tous ces instruments, le Parlement les a approuvé et est en train de les négocier avec les États.

Voilà l'Europe que j'aime. Une Europe qui remettra la politique au cœur de son projet, là où elle est le plus efficace: sur l'économie, le social, la fiscalité. Je dis non à ce libre marché sans saveur et sans gloire que veut nous imposer le Royaume-Uni depuis toujours. Je veux une Europe partenaire, plutôt qu'une Europe de la concurrence. En d'autres mots: une Europe qui agit, et une Europe qui protège."