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Midi Libre: « les aéroports du Languedoc-Roussillon gardent leurs subventions »

Recueilli par SOPHIE GUIRAUD

Le député gardois Franck Proust a mené le combat contre la restriction des aides publiques aux petites plateformes aéroportuaires. La commission européenne a publié jeudi de nouvelles lignes directrices pour les aides d’Etat aux aéroports dont le trafic ne dépasse pas 700 000 passagers par an.

La commission européenne a publié jeudi de nouvelles lignes directrices pour les aides d’Etat aux aéroports, avec un régime spécial d’aide aux plateformes dont le trafic ne dépasse pas 700 000 passagers par an. Un modèle qui devrait préserver les aéroports de Nîmes, Carcassonne, Perpignan, Béziers et Rodez, menacés par les dispositifs. Le député européen UMP Franck Proust a mené le combat à Bruxelles. Il est aujourd’hui soulagé.

Que retenez-vous des nouvelles règles édictées par Bruxelles en matière d’aide aux petits aéroports ?

La commission envisageait de revoir les aides à la création de lignes, à l’investissement et au fonctionnement des aéroports. C’est ce dernier point qui était le plus épineux, puisque l’Europe envisageait d’interdire toute aide au fonctionnement pour les aéroports de plus de 200 000 passagers par an. Au terme d’un an de négociations, on est à 700 000 passagers. Ce qui permet de sauver la quasi-totalité des aéroports français et les aéroports régionaux.

Bruxelles vous a entendu ?
Ça a été un an de combat. Ces derniers quinze jours, j’ai rencontré le commissaire Almunia, le président José Manuel Barroso… Même un combat difficile peut se gagner. La commission européenne a su nous entendre. Cette décision aurait été terrible. Il y aurait eu la mort subite de nombreux aéroports, je ne vois pas comment les nôtres auraient pu survivre.

Quels sont vos arguments ?
Un aéroport n’est pas une entreprise comme une autre. On ne peut pas avoir d’équilibre comptable. Il faut tenir compte des recettes induites. Sur le Languedoc-Roussillon, c’est 7 500 emplois et 400 M€ de recettes. Quand on investit 1 M€ dans une plateforme aéroportuaire, on a un effet multiplicateur de vingt.

En Languedoc-Roussillon, quelles sont les sommes investies par les collectivités territoriales ?
C’est fluctuant puisque ça dépend des pertes d’exploitations enregistrées. Chaque aéroport est un cas particulier. A Nîmes, l’an dernier, les collectivités territoriales ont versé 2,2 M€. Mais la plateforme aéroportuaire de Nîmes, c’est 800 emplois induits.

La Commission européenne parle de “modèle à revoir”.
Peut-on en finir avec le déficit chronique de nos aéroports ? Pas à revoir, à corriger. Moi, je refuse ce terme de déficit chronique. C’est un déficit chronique en terme de comptabilité. La commission souhaite une meilleure rationalisation des coûts de gestion, qui devront baisser de 20 % d’ici cinq ans. En Languedoc-Roussillon, on peut faire des économies d’échelle, aller vers une mutualisation des personnels, des outils, adopter une communication commune.

Vous vous dites “soulagé”…
Il faut que les décisions soient justes. Il faut regarder notre politique de transports sur le plan général : quand je vois le déficit de la SNCF et les aides qui sont apportées… Ces plateformes portuaires participent à l’économie de bien des régions, elles ont une mission de service public et d’aménagement du territoire.