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Déplacement en Aveyron - Forges de Laguiole


Un récent jugement de la Cour de Justice de l’Union européenne a été rendu suite à une demande de la ville de Laguiole. Un entrepreneur peu scrupuleux avait en effet déposé la marque Laguiole pour vendre non seulement de la coutellerie, mais aussi une liste de produits ménagers et même des jouets, souvent importés de Chine ou du Pakistan. La ville, et donc les couteaux issus de la forge de Laguiole souffraient alors d’une concurrence déloyale. Déboutée par les juridictions françaises, la ville s’est tournée vers l’Europe qui lui a donné raison. J’ai tenu à me rendre à Laguiole pour mesurer l’impact de cette décision et ses implications pour l’avenir.

Cette visite m’a permis de rencontrer le maire de Laguiole, Vincent Alazard, le président de la société des Forges de Laguiole, Thierry Moysset, et les ouvriers qui font vivre cette institution. Les forges, reprises en 2007, suite à un dépôt de bilan, exportent désormais leurs produits aux quatre coins du globe. L’esprit de cette PME de 110 salariés est de conserver une emprise locale, notamment en utilisant des matières premières produites dans un périmètre proche de l’usine. L’ensemble des ouvriers s’accordent sur la qualité du travail fourni, en oeuvrant pour une cause commune : la sauvegarde du patrimoine de Laguiole. L’usine est d’ailleurs ouverte aux personnes souhaitant visiter la forge et les différents postes de travail, les touristes et autres curieux pouvant dialoguer directement avec les ouvriers.

Cette entreprise est un bel exemple de réussite car il montre qu’il est possible de produire en France, d’embaucher localement, et enfin d’être compétitif par la qualité des produits vendus, tous estampillés d’un vrai « Made in France ».

Au-delà de la décision de la CJUE, l’Europe est un partenaire privilégié des forges au travers de financements de plusieurs machines automatisées notamment. Ce soutien a permis d’améliorer les conditions de travail tout en préservant le savoir-faire manuel.

Néanmoins, je souhaite que l’Europe aille encore plus loin dans la protection de ce type d’entreprises. En effet, pourquoi ne pas étendre la grande réussite des IGP (Indication géographique protégée) et des AOP (Appellation d’origine protégée) aux produits manufacturés ? Nous pourrions dès lors imaginer une identification géographique industrielle pour des produits fabriqués localement, avec un savoir-faire particulier et une identité propre.

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Photo de Franck Proust.