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Conseil européen d'hier : nous voulions des actes forts, nous avons eu un rendez-vous manqué.

Certes, je salue les nouveaux moyens alloués à l'opération Triton. Mais c'est une réponse faible face à la situation désastreuse qui existe et celle qui se profile dans le sud de l'Europe. Donner les moyens à l'agence Frontex de mener ses missions à bien pour surveiller nos frontières communes, nous le demandons depuis longtemps à l'UMP et au PPE. Mais cela ne suffit pas !

Je le dis sans détour: ce fut un rendez-vous manqué, car aucune solution diplomatique n'a été mise sur la table. Il fallait prendre le problème à la racine. Le Conseil européen n'en a pas pris la mesure. Le fond du problème, c'est la confusion entre les véritables demandeurs d'asile et les migrants économiques. Or, la très large majorité de ces migrants illégaux sont des migrants économiques. Le droit d'asile est détourné de son contexte initial. En plus d'être exploités et ruinés par leurs passeurs, ceux-ci leur font croire que le rêve d'une vie meilleure est à portée de main pour quelques milliers de dollars. Notre rôle à nous, Européens, c'est d'attaquer le problème à la racine. C'est de dire la vérité à ses populations, en les aidant à se développer et à se reconstruire. C'est de travailler politiquement ensemble avec les pays d'où sont originaires les migrants économiques, comme à stabiliser les pays de transit où règnent le chaos, comme en Libye. Cette envie, malheureusement, je ne l'ai pas entendu pendant ce Conseil.

Il n'y a qu'en utilisant le levier diplomatique que nous y arrivons. Mais il nous faut une stratégie diplomatique européenne unie, claire et cohérente. Et je le répète: ce problème n'intéresse pas que l'Europe, mais bien le monde entier. Car il s'agit de l'équilibre mondial qui est en jeu. Nous parlons du déplacement de millions de personnes. Des pays comme les États-Unis, la Russie ou la Chine doivent se mettre autour de la table avec nous. C'est une question d'urgence.

 

Photo de Franck Proust.