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Challenges: « La totalité des aéroports régionaux français sont sauvés »

INTERVIEW L’eurodéputé Franck Proust explique comment il a fait plier Bruxelles qui voulait interdire les subventions aux aéroports accueillant plus de 200.000 passagers.

Vous annoncez ce jeudi 20 février avoir « sauvé les aéroports régionaux » dont le modèle économique était menacé par Bruxelles Quel le menace pesaient donc sur eux ?

La Commission européenne souhaitait que seuls les aéroports accueillant moins de 200.000 passagers par an puissent continuer à bénéficier d’aides des collectivités. Grâce à la mobilisation que j’ai initié auprès de 52 autres eurodéputés, nous avons obtenus à ce que le seuil, pour que les aides ne soient plus admises, soit relevé à 700.000 passagers par an. C’est un régime spécial. Cela sauve la totalité des aéroports régionaux français, et 92% des aéroports de moins d’un million de passagers en Europe. rien que pour la circonscription du Sud-ouest dont je suis élu, cela concernait 11 aéroports (Nîmes, Perpignan, Brive, Tarbes, Pau, Rodez, Agen…) sur 15.

Mais ces aides de fonctionnement, sont aussi une aide indirecte aux compagnies aériennes…

La Commission considérait qu’au travers de ces subventions, il y avait une implication illicite sur de la concurrence déloyale. Or ce n’est pas le cas ! 50% des aéroports régionaux européens n’accueillent pas de low-cost. Par ailleurs, l’aide aux lignes est limitée à 3 ans et à 50% de son coût. Hop ! peut autant en bénéficier que Ryanair. Les aéroports ont pour moi une mission d’aménagement du territoire et de désenclavement et une mission de service public. C’est le cas à Poitiers, à Limoges, mais aussi dans les pays nordiques. A Nîmes (ville dont Franck Proust est élu, ndlr), pour chaque euro investi dans l’aéroport, il y a en retombée indirecte un effet multiplicateur de 20. En 2011, les aéroports régionaux européen ont apporté plus de 16 milliards d’euros au PIB et représentaient plus de 250.000 emplois, rien qu’en Languedoc-Roussillon, cela représente 7.500 emplois et plus de 400.000 millions d’euros par an.

Quelles seront les limites aux aides que la Commission a finalement accordées ?

En dessous de 700.000 passagers par an, l’intensité maximum de l’aide ne pourra excéder 80% -contre 100% aujourd’hui- du déficit d’exploitation entre 2014 et 2019. Par ailleurs, au-delà de 700.000 passagers, l’intensité de l’aide ne pourra être supérieure à 50% du montant du déficit d’exploitation et sera supprimée au bout de dix ans.

Propos recueillis par Guillaume Mollaret, notre correspondant dans le Sud.

Source: http://www.challenges.fr/economie/20140220.CHA0735/la-totalite-des-aeroports-regionaux-francais-sont-sauves.html?xtor=RSS-81