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Aéroports régionaux: fiche technique - Entretien avec Franck Pro

En quoi consistait le projet initial de la Commission européenne ?

« La Commission européenne voulait revoir et rendre plus contraignantes les 3 catégories d'aides publiques à destination des aéroports régionaux et des compagnies qui les desservent.

Elle envisageait de réduire la marge de manœuvre des collectivités pour investir dans leur plateforme ou bien aider au démarrage d'une nouvelle ligne. Mais surtout, elle souhaitait interdire toute aide au fonctionnement pour les aéroports de plus de 200 000 passagers par an.

C’est tout l’équilibre économique et le développement des régions concernées qui étaient en jeu. Il est clair que les aéroports en-dessous d'un certain seuil, on parle d'1 million de passagers par an, ne sont pas, ou quasiment pas, rentables, Ils ont donc besoin du soutien public! »

Concrètement, qu’avez-vous obtenu?

« Après une lutte de longue haleine, j'ai obtenu plus que nous pouvions espérer!

Premièrement, la réforme des aides à l'investissement et aux nouvelles lignes a été largement revue. Elle ne modifiera pas beaucoup les habitudes et les projets de nos aéroports régionaux.

Mais surtout, elle a incroyablement relevé le seuil de tolérance des aides au fonctionnement à 700 000 passagers par an. Ce qui veut dire que nous avons mis à l'abri 92% des aéroports de moins d'un millions de passagers, et la totalité des aéroports régionaux français de cette catégorie, pendant 5 ans au moins.

Car la Commission leur impose toutefois, dans un souci d'assainissement des comptes, de ne recevoir qu'une compensation publique maximale de 80% du montant de leur déficit moyen d'exploitation (au lieu de 100%) et leur redonne rendez-vous dans 5 ans pour réévaluer la situation. J'ai obtenu que la Commission ne leur impose pas aujourd'hui des engagements pour recevoir encore moins d'aides après ces 5 années. Je resterai mobilisé.»

Et le reste de la réforme?

«Pour les aéroports au-dessus de ce seuil, les plus solides, ils auront 10 ans pour atteindre l'équilibre comptable, tout en recevant encore la compensation de 50% de leurs pertes d'exploitation sur cette période.»